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16-05-2016

Outremer Cup 2016

20 bateaux, 200 participants, une belle brise... et des surprises !

Pour cette 19e édition débutant le 5 mai dernier, 20 bateaux représentant 12 nationalités étaient prêts à en découdre malgré la météo inquiétante : un « marin » (Sud Est) 20/25 nds se renforçant à 30 était annoncé, des températures fraîches, un temps couvert et de la pluie à verse ! Mais enthousiasme et bonne humeur étaient bien là, comme la curiosité, voire l’inquiétude, à l’annonce de nouvelles épreuves un peu spéciales… Cette année on n’allait plus en découdre seulement sur l’eau, mais aussi au fourneau ou au micro !

Le jeudi est traditionnellement une journée d’entrainement, réservée aux équipes du chantier. Avant que le redouté « marin » ne s’établisse pour le weekend, le vent était encore à l’Est, avec une gentille brise, et le soleil était bien là.

Les équipages ont pu peaufiner leurs derniers réglages, comparer codes O ou D d’un bateau à l’autre d’un œil faussement détaché, avant que tout le monde ne se retrouve au Yacht-Club pour un méchoui géant.

Les choses sérieuses commençaient donc le vendredi matin. La brise était bien là, 20 nds de Sud Est établis, rafales à 30 !

Programme du jour, un « run », suivi d’un parcours côtier classique, mais au cours duquel chacun doit préparer un plat pour « l’épreuve culinaire » du soir ! Sucré, salé, chaud ou froid, pas de contraintes si ce n’est qu’on doit se régaler, et qu’un classement sera établi…

Le run est une épreuve chronométrée : chacun prend le départ au bateau comité quand il le souhaite, et doit simplement faire un aller-retour vers une bouée. Il faut choisir le bon moment pour partir lancé, et…éviter de rester accroché dans un casier de pêcheur, comme le 5X Wildling ! A ce petit jeu, c’est le nouveau 45’ Tall Cotton de Nouvelle Zélande qui profitera d’une petite bascule de vent favorable et réalisera le meilleur temps en 23 minutes. Derrière, anciens et nouveaux modèles se tiennent en quelques minutes, parfois en quelques secondes !

La deuxième manche verra un premier départ en ligne musclé pour tous les bateaux, certains conservant la grand-voile haute, d’autres partant avec un ou deux ris, pourtant les différences de vitesses ne sont pas très flagrantes : au près les bateaux arisés marchent un peu mieux, mais au portant la surface de voilure en plus permet d’accélérer nettement.

Le nouveau 4X Mati, dont c’est la première confrontation en flotte, se révèle très à l’aise dès cette première manche, franchissant la ligne d’arrivée en vainqueur avec plus de 3 minutes sur le 5X Tanai III. Ananda, Outremer 45’ première génération que son équipage connait par cœur, complète ce podium. Le fameux Wally Walou, le 45’ "boosté" vainqueur de l’Outremer Cup à 7 reprises (!) ne termine cette première régate que 15e… Il vient en effet d’être racheté par un couple d’américains sympathiques qui se proposent de l’emmener en Alaska et dont c’était la première régate. Preuve est faite une fois encore que le potentiel des bateaux ne suffit pas, et que l’expérience à bord fait surtout la différence. Il ne cessera de s’améliorer au fil des manches, pour finir à la 3e place la dernière.

Mais la nouveauté cette année était l’épreuve de cuisine, sur laquelle comptaient bien certains équipages pour engranger des points ! Mais un concours de cuisine en navigation, à plus de 10 nds de moyenne pour les 15 premiers, était une vraie gageure. Et c’est un véritable exploit qu’ont réalisé certains, parvenant à cuisiner un repas complet avec entrée, plat principal et accompagnement, et desserts parfois spectaculaires, le tout sans vaisselle cassée. Sur Splendid C’s Mia réalisa un barbecue coréen délicieux, on compta quelques gâteaux au chocolat à tomber, mais c’est Mais Uma et Spica qui emportèrent la première place ex-aequo, le jury ne parvenant pas à départager le magnifique catamaran en pâte feuilletée voguant fièrement sur une mer de fraises de Spica et le menu complet subtil de Mais Uma

La dégustation de vins locaux qui accompagnait ces plats fut très appréciée également, et beaucoup d’équipages eurent un peu de mal à rejoindre le bord à la fin des agapes.

Samedi s’annonçait musclé également, et le départ de la grande course fut donné avec 25 nds bien établis, et de fortes rafales. Les sillages s’allongeaient nettement, certains dépassant allégrement les 12 nds au près pour rejoindre la Pointe de l’Espiguette ! Mais la Méditerranée n’étant jamais avare de surprises, le vent s’effondrait rapidement, et la bouée de l’Espiguette, avec un courant d’environ 2 nds et des bouffées de vent erratiques, devint un objectif difficile à atteindre.
Un long bord de portant dans une brise évanescente emmena les concurrents jusqu’à Palavas, certains sous spi, d’autres avec Code D ou gennaker. Le dernier bord de reaching jusqu’à La Grande Motte vit la brise remonter, et des changements de voiles judicieux permirent à certains de grappiller quelques places, tandis que d’autres se retrouvaient surtoilés !

La soirée qui s’ensuivit à la Plage des Bikinis allait permettre de se refaire : une épreuve de dessin et une de musique comptant pour le classement pouvaient bouleverser la hiérarchie.

De belles surprises se sont ainsi révélées, des talents parfois insoupçonnés, des chorégraphies audacieuses, des compositions originales… Ainsi Lindsay, sur Wildling, et l’équipage du 45’ Ananda ont été longuement applaudis !

Une petite incertitude subsistait quant à la possibilité de courir dimanche, la météo nous promettant un bon coup de vent. Après un dernier brief météo, décision fut prise de profiter du répit matinal (20/25 nds) pour lancer une manche rapidement, si besoin en réduisant le parcours. Bien nous en a pris, puisque cette dernière manche, quoique sportive, a pu se dérouler sans incident, les premiers bouclant le parcours à plus de 11 nds de moyenne !

 

Bilan :

·        le 4X a pu montrer son excellent potentiel : vainqueur de toutes les manches, sauf une place de second, il est sans conteste très bien né, et une belle carrière l’attend en régate !

·        Les 5X bénéficient d’un potentiel d’accélération impressionnant dans la brise, mais perdent plus en manœuvres.

·        Sur tous les bateaux le spi fait toujours la différence au-delà de 130° du vent, mais le code D, plus puissant qu’un gennaker, fait très bien l’affaire entre 80 et 130°.

·        Certains l’ont découvert à cette occasion : le courant existe bel et bien en Méditerranée, après quelques jours de brise dans la même direction un courant de surface non négligeable apparait souvent.

·        Elément rassurant : dans tous les cas, la compétence et la coordination de l’équipage sont primordiaux. Mieux vaut un bateau un peu moins affuté mais un à l’équipage expérimenté qu’un bateau surtoilé dont on ne pourra pas exploiter le potentiel !

·        N’hésitez pas à faire preuve d’inventivité si vous allez moins vite sur l’eau : pendant l’Outremer Cup, tous les talents peuvent s’exprimer !

 

A vos agendas 2017 : en 2017, du 25 au 28 mai,  l’Outremer Cup fêtera ses 20 ans, et on vous réserve encore quelques surprises !